Peintre Plasticien

Bruce Clarke

Bruce Clarke est né en 1959 à Londres de parents Sud-Africains expatriés. Il s'engage très tôt politiquement et artistiquement contre l'Apartheid et suit de près la montée des tensions au Rwanda.

C’est aux Beaux-Arts de l’Université de Leeds, dans les années 1980, qu’il est initié au mouvement Art & Language et à l'art conceptuel.

Son œuvre traite de l’histoire contemporaine, de l’écriture et de la transmission de cette histoire pour stimuler une réflexion sur le monde contemporain et ses représentations. Résolument ancrée dans un courant de figuration critique, sa recherche plastique intègre les codes pour mieux les retourner contre les appareils de pouvoir et d’injustice.

Sa dernière publication, Fantômes de la Mer (2016), rend hommage aux réfugiés victimes du trafic humain transméditerranéen.

Rwanda

Le Jardin de la Mémoire

Encouragé par des amis rwandais exilés en France, il se rend au Rwanda en 1994 pour un reportage photographique, quelques semaines après le génocide. Clarke est ébranlé par la réalité du massacre et s'interroge sur son rôle d'artiste.

Sur un site proche de Kigali, il propose de concevoir un mémorial artistique, une installation monumentale dédiée aux disparus. Ce Jardin de la Mémoire prévoit l'installation d'un million de pierres portant chacune le nom d'une victime du génocide.

Réalisé avec le concours d'associations de victimes, des familles, des pouvoirs publics rwandais et de l'UNESCO, le projet a été achevé en 2019.

Without Art, we wouldn't be human.
The very basic definition of what humanity is, what being human is, is that humans got language and culture.
Otherwise, we're animals. Literally.

Bruce Clarke, 2021

Procédé artistique

Jouer avec les fragments

Selon Bruce Clarke, l’histoire nous vient en bribes que l’on doit reconstituer.
C'est en appliquant cette méthode de pensée qu'il travaille.

Clarke crée à partir de fragments. Journaux, posters, chutes de mots et de couleurs ; toutes ces pièces individuelles sont intégrées sur la toile et réorganisées.

Elles forment une composition nouvelle aux sens démultipliés. Enfouie sous ces fragments, l'histoire se devine.

Toiles animales

Les Prédateurs

Ces toiles sont issues de la réflexion de Bruce Clarke sur la notion de la prédation.

Dans cette série de tableaux l'animal n'est que métaphore. Le sujet, comme toujours chez Bruce Clarke, c'est l'humain. La prédation humaine.
Car malgré sa forte capacité d'empathie, voire parfois de sympathie, l’Homme est aussi l'un des seuls êtres vivants qui chasse sa propre espèce, bien au-delà de la simple survie.

La prédation humaine est à la fois financière, sexuelle, environnementale. Nous parlons aussi de prédation sociale ou écologique ; bref, de prédation dans tous les domaines !