Artiste dessinateur

SKIMA

Skima, de son vrai nom Maxime Thevenet, naît en 1994 en Bourgogne.
A l’Académie des arts appliqués, son éducation artistique l’ouvre à l’expérimentation de disciplines associant artisanat d’art, design et scénographie. Là se forge, au-delà de l’apprentissage de techniques diverses, son éveil à la culture et au processus créatif.

De sa passion pour le travail du bois, Skima a gardé la mémoire du grain, sa subtilité que l’on découvre sous le matériau brut. Il lui emprunte aussi son outil fétiche : la pierre noire, ce crayon des charpentiers qui servait à tracer les coupes. Jadis issue de l’ampélite, la pierre noire a donné leur trait souple, profond et mat aux esquisses des artistes de la Renaissance.

Aujourd’hui composée de carbone et d’argile, elle sublime le modelé d’un visage, souligne le velouté ou le soyeux du trait. Skima sait en varier les nuances pour obtenir le flou brumeux d’une fourrure ébouriffée.

Technique

La profondeur du Noir

Chez Skima, le noir, cette couleur qui porte en elle toutes les autres, bien que dense et omniprésente, n’est pourtant pas un monochrome.

À l’instar de L’outrenoir cher à Pierre Soulages, elle accentue le travail sur la texture, le mouvement, et confronte l’artiste à l’art d’apprivoiser la lumière. Le crayon blanc vient apporter la clarté dans l’élaboration des détails et trace les chemins empruntés par la lumière.

Chaque œuvre est une lente élaboration où son œil photographe met en scène un jeu de clair obscure, et invente des perspectives au service d’une dramaturgie.

Il y a du Lee Jeffries dans ses cadrages, cette manière de saisir l’émotion en gros plan, de chercher l’âme derrière le réalisme du portrait.

Alex Doppia
Directeur de la Galerie Montmartre

Vision artistique

Une réalite simulée

Il y a du Lee Jeffries dans ses cadrages, cette manière de saisir l’émotion en gros plan, de chercher l’âme derrière le réalisme du portrait.

Mais c’est à main levée et sans filtre que Skima parvient à restituer la gravité dans les yeux hypnotiques d’un fauve, de capturer la beauté sauvage et fragile, l’intensité dramatique dans le regard d’un grand singe.

On a souvent parlé d’hyperréalisme pour désigner le travail de Skima. Il faut l’admettre, pour ce qu’il révèle une parfaite maîtrise technique et restitue fidèlement les moindre détails et attitudes du modèle.
Toutefois, l’approche de Skima ne se satisfait pas d’imitation, fût-elle irréprochable. Sa quête est celle d’une réalité simulée, d’une illusion de réalité laissant sa part au rêve et au mystère.

Sujets animaliers

Exprimer la conscience

La collection de cinq dessins originaux exposée à la Galerie Montmartre dévoile un témoignage de délicatesse, de pudeur et de respect.

Skima peint chaque animal comme sujet, non pas seulement dans son rapport de soumission à l’homme, mais avec son langage et sa conscience propre.

En regardant ces portraits de félins et de singes on a envie de s’écrier Ecce Animot ! avec le philosophe Jacques Derrida dans son plaidoyer pour une éthique animale :

« Au singulier général Animal, il faut substituer l'Animot, [ …] afin de mieux appréhender « cette irréductible multiplicité vivante ».

Résidence permanente

Galerie Montmartre

Des traits vifs de couleur viennent balayer un œil et cet éclat de couleur apporte un rythme, une vibration à la composition. Ce rehaut de couleur introduit une part de fantastique. Face au regard énigmatique de ce majestueux gorille, en s’imaginant être vu de lui, on méditera ces mots :

« Souvent je me demande, moi, pour voir, qui je suis – et qui je suis au moment où, surpris nu, en silence, par le regard d’un animal, j’ai du mal, oui, du mal à surmonter une gêne. »
Jacques Derrida, L’animal que donc je suis, Paris, 2006

Nous avons choisi d’accompagner ce brillant artiste pour sa virtuosité, mais surtout pour l’exigence de son récit, son art, par un détail, de dépasser la réalité au profit d’un imaginaire métaphorique.

Et tout simplement pour la sensibilité et la spiritualité qui émane de ses portraits.

La Galerie Montmartre

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